Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /Mai /2008 13:44
Comme toutes les histoires, mon histoire commence avec un commencement. Retenez vos exclamations ahuries d'étonnement, prenez votre souffle et apprêtez-vous à plonger à l'instant précis où cette épopée débute, car il y a bel et bien un début à cette aventure, une cause, une raison ! Une situation initiale avant élément perturbateur... Oui, je vais vous expliquer pourquoi, comment, par quel miracle, moi, Vincent del Martin de la Contrée Brune de la Butte Ensoleillée, dit plus modestement Vincent, Français endurci au Nutella© américain me retrouve à m'expatrier au fin fond de l'Amazonie...

Vous êtes prêt ? On y va.

***

« Poussez madame, poussez !!! »

« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARHHHHHHHHHHHHHHHH SALETE D'ALIE... »

***

Oula ! Non, on est allé trop loin ! Rembobinons un peu. Car oui, en effet, tout commence avec ma naissance paisible. Mais avant, il y a autre chose. Quoi ? Mais le miracle de la vie, pardi !

Ah, qui a-t-il de plus beau que le miracle de la vie ? Mais si, vous savez : le papa, la maman, l'immaculé bébé, mère nature, les hormones, les pulsions sexu...Hum. Ah ! Que de poésie dans cette tambouille magique. Ce que l'on ne sait pas forcément, c'est que cette cuisine est orchestrée par des entités supérieures. Si si !

Laissez-moi vous conter une histoire... L'histoire de la vie.

-Evidement, sans la dizaine de girafes qui s'agenouillent, les quinze rhino qui brament et les quarante autres animaux qui lèvent les papattes en l'air ça le fait moins...-

Tout commence donc lorsque papa rencontre maman (ou que maman harponne papa, selon la version). Bon, quand ils le racontent ça donne « elle était belle comme un prunus en fleur, innocente dans sa robe bleue qui lui allait si bien » ou encore « il était tellement séduisant : si respectueux, si différent des autres garçons ». Ce qu'ils ne disent pas, c'est que la robe bleue de maman était à moitié transparente et qu'ils se sont rencontrés lors d'une soirée trop arrosée où la dite innocente maman dansait les seins nus sur le respectueux papa et que ce dernier, de sa main libre... BREF : la version du coucher de soleil, des cheveux dans le vent et du fougueux destrier blanc étant bien plus attirante que celle des bisous très osés, du coma éthylique et du cyclomoteur rouge, nous la retiendrons au final.

Papa et maman, donc, follement épris l'un de l'autre dans une relation à peu près saine et équilibrée, décident en principe au bout d'un laps de temps plus ou moins variable (d'une minute trente à soixante cinq ans en moyenne) de concevoir un merveilleux enfançon afin de concrétiser leur amour mais surtout, surtout afin d'irrémédiablement foutre en l'air leur vie idyllique.
Oui oui, la plupart des couples deviennent masochistes avec le temps.

Pourquoi se priver du plaisir d'être réveillé à cinq heures du matin par un petit bout de viande braillard qui veut absolument vous prouver qu'il digère mal ses compotes Bledina ?

Bon, je passe les détails sur les moyens de procédés, tout le monde étant parfaitement au fait –et désolé si j'en choque plus d'un- que, depuis longtemps maintenant, les cigognes livrent à domicile.

Mais après, me direz-vous ? Après que la zoulie maman, en hurlant tous les gros mots possibles et imaginables, ait mis une belle bête de 3,5 kg, gueularde comme tous les bébés, gluante comme tous les nouveaux nés, violette comme tous les rejetons et affamée comme tous les enfants ? Et bien après, théoriquement toujours, trois magnifiques bienfaitrices ailées se penchent sur le berceau. Oui oui : des fées ! Epoustouflant n'est-il pas ? Ces êtres merveilleux, éthérés, aux ailes translucides couleur d'arc-en-ciel, à la grâce indescriptible et au sourire paradisiaque existent et ont un rôle primordial dans toute vie.

Pourquoi trois ? Et bien j'avancerais la simple théorie que trois est un nombre sûr : si une se foire complètement il est toujours plus rassurant de savoir qu'il y a deux autres cruches derrière pour rattraper le tir.

Car oui –et je soupèse mes mots- certaines fées peuvent se planter. Une erreur de diction à l'apogée de la bénédiction et c'est le drame. Certains se sont retrouvés avec des oreilles en feuille de choux, des dents en avant façon cheval, trois bras ou six orteils à chaque pied en deux malencontreux tours de baguette magique. Un « tu seras rieuse » peut rapidement se transformer en « tu seras une chieuse » avec une fée mal entraînée et un don 'loupé d'une syllabe' peut rapidement s'avérer un carcan inextricable. Les fées infaillibles ? Pouah, on ne parle pas du pourcentage qui se rate !

Et c'est précisément ce qui m'arriva et ce qui m'amène à ouvrir ce journal pour vous conter mes malheurs...

En effet, Ô cruel destin venteux abreuvé de colère et d'injustice (j'ai un côté mélodramatique non négligeable ^^), si la première et la deuxième fée me firent don de la beauté, du talent dans presque tous les domaines, de la grâce, de l'intelligence, d'un métabolisme fantastique, d'un humour indomptable et d'une crinière chatoyante, aucune ne pensa à m'accorder le don des langues. C'est donc parfaitement non prédestiné à baragouiner un quelconque dialecte folklorique étranger que je fus livré au monde cruel, injuste et abreuvé de destin venteux.
Heureusement, la troisième fée sembla prête à réparer la bourde de ses chères condisciples en première embauche. Et lorsqu'elle agita sa baguette, tout le monde retint son souffle. Qui aurait cru qu'elle murmurerait ses paroles fatidiques :

« Vini, Vini, Vini, tu ne seras jamais doué pour les langues mais tu hériteras d'un caractère masochiste non négligeable qui te conduira vers des études à l'internationale ».

Oui, j'étais tombé sur la seule fée schyzo du coin qui se prenait, entre autres, pour une vilaine sorcière... Un petit éclair, des « oh » horrifiés de la part de l'assemblée, un « mouhaha » de la fée sadique et le sort en fut jeté. J'étais irrémédiablement foutu.

Mes heureux parents, devant cet enfant « ni repris ni échangé » qui leur gnappait la main dés qu'ils voulaient lui enlever la tétine et qui parlait tout juste correctement la langue de leurs aïeules, furent bien obligés d'accepter la terrible prophétie et c'est donc défaitistes qu'ils constatèrent que leur chérubin aussi blond qu'un champ de blé cramé au soleil et aux yeux aussi bleus qu'une nuit d'hiver sans lune, s'orienta bel et bien vers des études à l'internationale.

Vous l'aurez compris, ce journal commence par un drame. Aujourd'hui, l'enfançon a bien grandit. A l'aube de ses 15 ans 21 ans, il n'a d'autre choix que d'effectuer un stage de 3 mois dans un pays hostile où, d'après ses amis, des léprechauns violeurs se baladent un peu partout, la bière remplace l'eau des robinets et où ne pas être roux constitue un motif de ségrégation. Bien entendu, notre Vincent national, Français typique élevé au grain et aux mangas japonais, ne parle pour l'heure presque pas un mot d'anglais et part avec dans ses bagages un vocabulaire restreint, à savoir : yes, no, black, white et chocolate. Bref, le strict nécessaire pour survivre...

Amis lecteurs, prêts pour l'aventure ?

J- 20

Par Vini
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Commentaires

Super je suis la première à commenter le blog d'un petit expatrié de 3 mois!! Je te souhaite bon courage pour l'adaptation, et de bien profiter de ce merveilleux pays qu'est l'irlande. Je sais déjà que tu va bien me faire rire en racontant tes péripéties irlandaises. Ramène nous une belle irlandaise!!! Bisous Caro
Commentaire n°1 posté par Caro le 17/05/2008 à 20h27
Deuxieme!!! Tu vas (pas
Commentaire n°2 posté par Drey le 17/05/2008 à 22h50
Bon courage !! Surtout, ne pas oublier : - un dictionnaire français / anglais, ce sera ta Bible, tu l'auras sur ta table de chevet et il t'apportera le plus grand réconfort dans tes plus grands moments de solitude dans ce pays sinistre où personne, personne, absolument personne, ne parlera français. Sauf ceux qui chanteront du Lorie ou du Alizée. (courage) - un drapeau français pour dire : "Moi Français, moi pas parler langue à toi", quand ils le verront, ils hocheront la tête et diront "oh Iess Iess aïe si aïe si, sceau pitit", ce qui en gros voudra dire "mais quel crétin !" - une étiquette avec ton nom et ton groupe sanguin, l'adresse de tes parents - ce numéro tatoué sur ta peau : 112, numéro des secours !! ils te comprendront pas, mais au moins tu sais qui appeler - prends des bottes, "Le nom de la ville [Cork] vient du mot irlandais corcach qui signifie emplacement marécageux" - un fusil "Cork a une réputation de ville rebelle depuis que ses citoyens ont pris le parti de Perkin Warbeck en 1491 après la Guerre des roses. De même le Comté de Cork a comme surnom le Comté Rebelle" - un oreiller, le "lit" traverse la ville (ouuuh elle est vicieuse celle-là ! :D ) - un parapluie "Le climat de Cork, comme celui du reste de l’Irlande, est un climat océanique, humide et variable, avec des pluies abondantes." - une peluche ou un hamster, à qui tu pourras parler pour briser les heures de silence de la journée où, honteux et terrifié, tu n'auras dit mot en anglais.
Commentaire n°3 posté par Drien le 18/05/2008 à 23h47
Euh... pourquoi j'ai les 90% de mon com' qu'on disparut? -_-
Commentaire n°4 posté par Drey le 22/05/2008 à 14h44
Un coup des Leprechauns ? /me va pas dormir de la nuit
Réponse de Vini le 24/05/2008 à 01h41
Nann pas les leprechauns! Plus un coup des brownies moi j'dis!! :s meuh meuh si va dormir! Oublie juste pas leur bol de lait^^
Commentaire n°5 posté par Drey le 24/05/2008 à 13h50

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