Partager l'article ! J- 0, le choc des cultures (et autres mésaventures): Tout va bien en cette dernière matinée francophone. J’entends distinctement la radio di ...
Tout va bien en cette dernière matinée francophone. J’entends distinctement la radio diffuser des tubes français, les oiseaux paraissent chanter en français et je suis convaincu
que ce jour là le soleil lui-même s’est levé en français. Je profite donc de mes derniers instants nationaux avant de me lancer
On respire, une deux, une deux, on ne stress pas et on se lance !
Train Poitiers-Roissy Charles de Gaules : nickel ! Enfin… sauf un détail infime : la dame assise devant moi lisait un livre qui avait l’air passionnant. Je regarde (curieux ^^) et le seul passage que j’arrive à distinguer est un début de chapitre qui donnait à peu près ça : « Vincent était mort ligoté sur cette chaise, là. Son cadavre en putréfaction était exposée à la vue de tous [les policiers], dévoilant sans pudeur la déchéance de ses chairs et l’état avancé du lent processus de désintégration rongeant son enveloppe charnelle ». Sur le moment je me suis émerveillé de la coïncidence, jusqu’à repenser au film « Destination Finale » où le/la protagoniste voit plein de signes avants coureurs de sa mort (un petit garçon jouant à cascher deux camions, etc).
Bon, le reste se passe plutôt sans encombre : j’arrive bel et bien à l’aéroport avec mes 5 heures d’avance. J’ai le temps de m’avaler un bouquin de 300 pages (« Le festin de l’araignée », où une journaliste va dans une bourgade perdue enquête sur les meurtres sordides de touristes : pas mal) puis, en un clignement d’œil d’environs 30 minutes, je me retrouve dans l’avion (Aer Lingus : belle bête, sièges en cuir, magnifique trèfle sur le flanc, 8m au garrot). Et là, tout bascule...
L’équipage ne parle pas un mot de français. Je me suis payé un kit-kat pendant le vol : j’ai dû répéter 3 fois avant que l’hôtesse anglophone comprenne. Moment de solitude « I want kit kat » « kit kat, pleaaase » « CHOCOLATE !!!! ». Mais elle a fini par comprendre et j’ai eu mon Graal chocolaté. Vini 1 – 0 Irlandais
On ne notera pas tout l’équipage à qui je dis, au moment de quitte l’avion, juste « bye » avec toute la conviction possible du bilingue-non-bilingue qui me répond « au revoir » en français (alors qu’ils disaient « good bye » à tous les autres passagers ><). Les gars, ma couverture est grillée !
Quel dépaysement ! "Radio Cork" partout, des filles dont les jupes se résument à des ceintures, des
champs à chaque coin de rue (très green comme pays !), des panneaux "yes" ou "no" (pour le référundum)
sur le moindre poteau, etc ! Un dépaysement radical (et radiqué) !
D'ailleurs comment parler de cette arrivée mémorable sans évoquer la fugue de mon portable, en réalité kidnappé par un chauffeur de taxi qui a dû
me prendre pour un beau couillon. Vini regarde l’heure dans le taxi, Vini ne remet pas son téléphone dans sa poche -_-‘
Heureusement, le gars est honnête et devrait me ramener le précieux appareil sous peu.
Actuellement je suis dans une chambre double d’une grande maison faisant partie de mon organisme de stage. La demeure est spacieuse (une dizaine
de chambres, quatre salles de bain, un coin pour laver son linge) et n’accueille pour l’instant que des Français (mon maître de stage m’a promis de m’immerger au milieu d’anglais sous peu). Le
seul « détail » un peu fâcheux est que l’actuelle résidence est coincée entre 3 Pubs ! J’entends des Irlandais discuter juste en dessous de ma chambre. Je suis assiégé !
Dois-je leur balancer de l’huile bouillante sur la tête ?
Première excursion en ville ce soir, avec mes collocataires français, visite de 3 Pubs (avec demande de carte d'identité à l'entrée, forcément...) et première Guiness !
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